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28 août 2013

CRISE SYRIENNE : LE PRINTEMPS ARABE A LA CROISEE DES CHEMINS.

La fin des règnes à partir de Décembre 2010 des Présidents Zine El-Abidine Ben Ali de Tunisie, de Hosni Moubarak en Egypte et de Mouammar Kadhafi, assassiné selon ses propres termes comme un « rat » en Libye faisait croire que le « printemps arabe » allait porter les fruits escomptés par les contestateurs.

Outre le départ des dictateurs et l’instauration d’une démocratie, les manifestants exigeaient particulièrement un partage des richesses qui leur assure de meilleures conditions de vie, des emplois et la dignité humaine.

Malheureusement, la crise syrienne nous prouve aujourd’hui le contraire. Les manifestants qui avaient eu un soutien important occidental financier, moral, militaire et diplomatique dans leurs démarches de libération, me semble t-il, qu’ils ont été déçus par des fruits issus de leurs faits. Soit les organisateurs n’étaient pas des auteurs réels de leurs projets de société, aujourd’hui voués a l’échec, soit ils étaient des simples marionnettes. Le cas de Mohamed MORSI d’Egypte en est la preuve probante.

Le président déchu Mohamed MORSI.

En Egypte, en Libye comme en Tunisie, une marrée humaine se diverse dans la rue pour réclamer le départ des régimes dictatoriaux.

Malgré la violence des répressions dans tous les pays concernés par des mouvements d’ampleur, elles échouent presque toutes et les contestations continuent. Tous les autres pays du monde arabe sauf le Qatar ont été touchés, mais les manifestations y ont eu une ampleur et des conséquences plus limitées. Des États non arabes ont enregistré aussi des manifestations ou procédé à des actions préventives, notamment l’Iran, mais l’ampleur de ces mouvements a généralement été moindre et l’influence des événements du monde arabe n’a pas toujours été clairement établie

LE DEPART OU LA MORT IMMINENTE DU PRESIDENT BACHAR AL-ASSAD ?

Le scénario à la tunisienne, égyptienne ou la libyenne s’est heurté à une résistance atroce en Syrie où la guerre civile déclenchée par ces mouvements révolutionnaires a fait plusieurs milliers de morts sans compter les dégâts matériels énormes. A en croire aux médias occidentaux, aujourd’hui les jours du régime du Président Bachar Al-Assad (photo ci-dessous) sont comptés pour motif d’être accusé d’avoir utilisé les armes chimiques sur les populations civiles.

Bien que le gouvernent syrien nie ces accusations occidentales de recours aux armées chimiques, les Etats Unies, la Grande Bretagne, la France, la Turquie, le Qatar et les Emirats sont tous résolus à en découdre avec le régime Assad. Les frappes aériennes imminentes de cette coalition occidentale fait repenser encore à la précédente crise libyenne qui a fait coûter la vie au Président Mouammar Kadhafi. Certes, le régime syrien ferra une résistance militaire contre cette coalition très puissante mais qui ne durera pas longtemps.

Les ultimes frappes aériennes de la coalition vont certainement aggraver
la situation d’un pays meurtri par les autres frappes aériennes ou d’armées lourdes des belligérants en Syrie.

Les pays africains bien qu’ils ne disent rien de cette crise syrienne, nombreux étant par ailleurs affecté par les crises internes, sont ceux qui seront touchés également par cette crise. A titre d’exemples, la hausse du prix de carburants actuelle va affecter presque tous les pays de l’Afrique de l’Est et Central. Personne ne connait à quel moment prendra fin ce printemps arabe mais l’ONU, l’UE, l’UA et la Ligue Arabe devraient sortir de leur inertie pour aider le peuple syrien.

Les retards dans la prise des décisions adéquates de la part de la communauté internationale en matière de prévention et résolution de conflits armés deviennent la preuve efficace de l’urgence de revoir le mandat de l’ONU en matière de paix et sécurité.

Pour terminer, rappelons que le « Printemps arabe » est la terminologie donnée à un ensemble de contestations populaires, d’ampleur et d’intensité très variables, qui se produisent dans de nombreux pays du monde arabe à partir de décembre 2010.

L’expression de « Printemps arabe » fait référence au « Printemps des peuples » de 1848 auquel il a été comparé. Ces mouvements révolutionnaires nationaux sont aussi qualifiés de révolutions arabes, de révoltes arabes ou encore de « réveil arabe ».
Ces événements ont commencé le 17 décembre 2010 dans la ville de Sidi Bouzid par la révolution en Tunisie qui a conduit Zine el-Abidine Ben Ali à quitter le pouvoir. D’autres peuples reprennent à leur tour le slogan « Dégage ! » devenu le symbole de ces révolutions.

Les principales causes de ces mouvements à forte dimension sociale sont le manque de libertés individuelles et publiques, la kleptocratie, le chômage, la misère, le coût de la vie élevé ainsi qu’un besoin de démocratie qui ne soit pas une simple façade.

L’histoire se répète, dit-on. Cette vague révolutionnaire est comparée à divers moments historiques, comme le Printemps des peuples de 1848, la chute du Rideau de fer en 1989, ou encore le Risorgimento italien. Ces révolutions recourent initialement aux méthodes de contestation non violente détaillées dans le manuel de Gene Sharp et inspirées de celles de Gandhi à la seule différence que les révolutionnaires modernes utilisent les technologies modernes de communication (différents outils d’Internet et téléphone mobile) de façon intensive, la télévision satellitaire jouant également un rôle important dans le déroulement des événements.

Ex-Président Iranien Mahmoud Ahamedinejad s’en est bien sorti.

Pour les pays qui ne sont pas touchés pour le moment par ce printemps arabe, l’exemple de l’Iran où le Président Mahmoud Ahamedinejad vient de lâcher le pouvoir en guise de prévention est à imiter. Les pays africains en dégorgent encore de beaucoup de Hosni Moubarak, de Kadhafi et j’en passe, mais à bon entendeur, salut !
NSENGIYUMVA Patrice.